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Mystérieuse Rencontre

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Quelle idée saugrenue, Léona et Sylvia lycéennes en classe de Terminale, ont-elles eue de s’amuser à faire du spiritisme ?

De mystérieuses rencontres vont se succéder, entraînant les deux héroïnes vers de rocambolesques aventures… Des phénomènes paranormaux s’enchaînent sans qu’aucune explication rationnelle ne puisse être donnée. Une main invisible les poussera irrémédiablement vers leur destin…

Nous sommes plongés dans un monde fantastique saupoudré d’un zeste de romance.

Disponible sur commande

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Description

ISBN : 978-2-36976-137-2

Date de sortie : 30 avril 2014

 

Informations complémentaires

Poids 0.499 g
Dimensions 229 x 152 mm
Auteur(s)

Couverture

Editeur

Lune-Écarlate

Genre

Fantastique

Public

Support

ESPRITS

Les morts gouvernent les vivants

Auguste COMTE

La rentrée des classes de cette dernière année de lycée ne commença pas sous les meilleurs auspices. À la fin de son discours traditionnel, rappelant le principal objectif des classes de terminale, c’est-à-dire la réussite au baccalauréat, la voix du proviseur s’enraya. L’émotion embruma son regard :

— Vous savez combien vous comptez tous pour moi. Je suis certainement sévère et exigeant mais sachez que, quelles que soient vos performances scolaires, vous m’êtes très chers. Aujourd’hui, je suis profondément attristé de vous annoncer la disparition de votre camarade…

Le directeur marqua une pause en respirant profondément, tant il était affecté par ce qu’il allait annoncer :

— Il s’appelait Louis, Louis de Forges. Il était excellent élève et d’un bon niveau sportif. Son fairplay sur les terrains de sport et son efficacité dans la vie associative du lycée étaient fortement appréciés. Louis avait également un hobby que nous ne connaissions pas : l’alpinisme. Hélas, sa passion lui a été fatale. Il a dévissé lors d’une escalade dans les Pyrénées, près de Gavarnie…

L’annonce de ce drame plongea le gymnase dans un silence pesant entrecoupé de quelques gémissements. Avec difficultés, le proviseur poursuivit :

— Je comprends votre tristesse et croyez-moi, je partage votre chagrin. Par conséquent, avant que vous ne regagniez vos classes, je vous propose de rendre hommage à Louis en observant trois minutes de silence. J’invite ceux qui sont croyants à prier pour lui et les autres à se remémorer simplement les instants de joie et les anecdotes vécus avec lui.

Les trois minutes écoulées, il conclut :

— Merci pour Louis ! Ne l’oubliez pas ! Et maintenant, au travail, une rude année vous attend. Vous avez toutes les chances de décrocher votre bac en fournissant un travail assidu et sérieux. Bon courage !

Petit à petit, le gymnase se vida et les lycéens rejoignirent leur salle de classe respective tout en commentant cet événement. Sylvia et Léona, trop bouleversées par cette triste nouvelle, marchèrent silencieusement côte à côte dans les couloirs. Le mouchoir à la main et la tête baissée, elles cachaient leurs yeux embués sous leurs longs cheveux.

Depuis le collège, chaque année, elles se retrouvaient ensemble avec Louis dans la même classe. Bien qu’elles ne partageaient pas de loisirs extrascolaires avec lui, il était leur préféré et réciproquement. Tous les trois faisaient preuve de la même rigueur dans le travail et du même altruisme. Cependant, la timidité de Louis l’avait toujours exclu de leurs histoires sentimentales. Il semblait les fuir dès qu’elles parlaient de sujets trop personnels et intimes. Louis n’avait rien d’un playboy, son visage ingrat et boutonneux ne l’avantageait pas. Seule sa gentillesse effaçait ses traits disgracieux. Contrairement à lui, Léona et Sylvia ressemblaient aux jeunes filles des magazines, grandes et élancées, à la démarche féline ; elles cumulaient beauté et intelligence. La convoitise des regards masculins aurait pu entraîner des sentiments de jalousie et des rivalités diverses mais il n’en était rien. Naturelles et spontanées, elles ne suscitaient aucune antipathie. De plus, elles possédaient une clairvoyance innée et une justesse de jugement impressionnante. Pour elles, rien ne pouvait être insoluble, il existait toujours une réponse. Considérées telles des « prêtresses », elles prodiguaient leurs conseils à la majorité des filles de l’établissement et à certains garçons, sauf à Louis dont la vie privée restait secrète. Il avait une multitude de copains et de copines mais pas de véritable ami. En dehors du lycée, il protégeait farouchement son environnement. Personne n’était invité à son domicile à l’exception d’un élève de très petite taille, surnommé le « nain » qui habitait près de chez lui. Ils faisaient souvent le trajet ensemble jusqu’à son départ précipité en Amérique latine. Dès lors, Louis s’enfonça dans la solitude, évitant toujours de recevoir des camarades chez lui, au grand dam de sa mère qui aurait aimé préparer des pâtisseries, des friandises comme tant d’autres mamans.

À l’occasion d’une réunion de parents d’élèves, Louis avait présenté à sa mère les deux filles du lycée qu’il appréciait le plus : Sylvia et Léona. Un concours de circonstances l’empêcha de se soustraire à cette présentation qu’il s’efforça d’abréger craignant qu’elles ne profitent de cette rencontre pour l’inviter chez elles. Jusqu’à ce jour, il avait toujours refusé la moindre invitation prétextant l’éducation sévère et stricte de son père.

Sylvia habitait au centre-ville dans un petit appartement avec son frère et sa mère divorcée ; quant à Léona, elle vivait dans une somptueuse villa avec ses parents. Elle était la fille unique d’un père médecin et d’une mère architecte d’intérieur. Sa vie évoluait dans un milieu bourgeois à l’inverse de celui de Sylvia dont la mère, n’ayant pu poursuivre ses études de botaniste, travaillait chez un fleuriste. Depuis l’abandon de son mari, elle s’occupait seule de ses deux enfants et les fins de mois posaient souvent quelques problèmes sans pour autant altérer leur éducation, basée sur l’amour et le respect des autres.

Cette différence sociale n’entachait nullement l’amitié de ces deux amies. Inséparables, elles passaient leurs jeudis et samedis ensemble, tantôt chez l’une tantôt chez l’autre. La disparition de Louis les attristait, elles auraient tant aimé être plus proches de lui, partager les quelques loisirs qu’elles s’octroyaient de temps à autre : aller au cinéma ou passer une soirée dans un bar musical… Secrètement, elles pensaient qu’une fois le bac en poche, le père de Louis lui aurait accordé davantage de libertés. Tous les trois ambitionnant les mêmes études, elles espéraient pouvoir le débaucher et lui faire connaître les plaisirs de la vie estudiantine… Hélas, le destin en avait décidé autrement !

Quelques semaines s’écoulèrent… Les journées défilaient au rythme des cours et des rendez-vous au café en face du lycée. Plus personne n’osait parler de Louis. Après d’incessantes polémiques sur les circonstances de sa mort, le sujet, devenu tabou, sombra dans l’anonymat le plus complet. L’omerta générale avait été décidée ! Nul étant irremplaçable et le temps estompant les douleurs, la vie insouciante des deux lycéennes reprit son cours avec leurs rêves et leurs idées parfois saugrenues…

C’est ainsi que Sylvia eut une inspiration incongrue, venue de l’on ne sait où, de faire du spiritisme. Depuis longtemps, on les surnommait les prêtresses du bahut. Une sensation indéfinissable et indescriptible émanait d’elles. Un certain mystère flottait autour de ces deux filles, au charme envoûtant.

Avaient-elles un don de voyance pour toujours deviner la bonne conduite à adopter ? Leurs conseils, rarement erronés, engendraient l’admiration et le respect de tous leurs amis. Était-ce tout simplement de l’intuition ou bien un phénomène tout autre et non identifié ?

Un samedi soir, alors qu’elles se trouvaient dans le petit appartement de Sylvia, elles décidèrent d’un commun accord de s’amuser à faire tourner la table. Elles installèrent au milieu de la chambre un guéridon, découpèrent vingt-six morceaux de papier sur lesquels elles inscrivirent les lettres de l’alphabet et les placèrent sur la table autour d’un verre retourné. Elles allumèrent des bougies à chaque coin de la pièce puis s’assirent autour du guéridon.

La pièce, plongée dans une semi-obscurité, requérait toutes les conditions propices à l’appel des esprits. Elles réunirent leurs mains au-dessus de la table et se concentrèrent. Après quelques secondes, Sylvia, en tant que maître de cérémonie, commença :

— Esprit, es-tu là ? Si oui, tape deux fois !

Léona, sceptique et n’ayant jamais pratiqué une telle expérience – contrairement à Sylvia qui avait déjà assisté à ce cérémonial avec une de ses voisines – eut une folle envie de rire en entendant le ton obséquieux de son amie mais s’en abstint par réflexe.

De longues minutes s’écoulèrent sans que rien ne se passât. Elles redoublèrent l’intensité de leur concentration et la table tapa deux fois.

Aussitôt, Sylvia reposa sa question :

— Esprit es-tu là ?

À plusieurs reprises, le guéridon frappa le sol. Le verre se mit alors à glisser. Il se déplaçait d’une lettre à l’autre comme si un aimant l’entraînait. Des mots se succédaient en formant des phrases. Le dialogue commença :

— Je suis décédé cet été, je m’appelle Louis.

— Louis ? Notre copain de classe ? questionna Léona.

— Oui !

Un frisson les parcourut. Sylvia reprit :

— Mais où es-tu ?

— Je vis dans le Royaume de l’éternité. Je ne voulais pas mourir si jeune. Je suis malheureux de vous avoir quittées.

— Nous aussi, on te regrette beaucoup. Tu nous manques tant en classe. Que peut-on faire pour toi ? s’empressa de demander Léona.

— Allez vous recueillir sur ma tombe !

— Où se trouve-t-elle ?

L’esprit se tut. Le verre revint à sa position centrale et le guéridon ne remua plus. La séance fut terminée, laissant les deux amies abasourdies par cette rencontre inopinée.

Lorsque Sylvia eut rangé les petits papiers et le verre dans un carton, Léona lui reprocha de l’avoir entraînée dans une situation aussi lugubre, qu’elle ne pouvait absolument pas maîtriser.

Pourquoi étaient-elles tombées sur Louis ? Le contact avec ce camarade qu’elles avaient bien connu n’était-il pas juste un phénomène dû à leur subconscient ? Une hallucination collective ? Elles, ordinairement si lucides ne pouvaient-elles pas être possédées par une quelconque diablerie ? Quelque chose d’irréel, de fantastique s’était produit ; elles n’avaient pas rêvé.

La nuit déjà bien avancée, elles arrêtèrent ce questionnement et finirent dans les bras de Morphée…

Dès leur réveil, elles se demandèrent quelle attitude adopter. En parler ? Assurément, cela leur vaudrait une réputation d’illuminées. Elles décidèrent de se taire. Après tout, cela ne pouvait être qu’une simple coïncidence. Quelques jours passèrent sans que ni l’une ni l’autre n’osât en reparler. Lorsque Léona se retrouva chez Sylvia le samedi suivant, leurs regards se croisèrent. La même envie les taraudait : recommencer une séance.

Consciencieusement, Sylvia installa les petits papiers autour du verre. Dès les premières minutes de concentration, le guéridon bougea et la conversation débuta :

— Esprit, es-tu là ?

— Oui !

— Qui es-tu ?

— Un soldat de Napoléon.

— De Napoléon ?

— Oui, j’ai été tué lors de la bataille d’Austerlitz.

— Tu t’appelles comment ?

— Séraphin !

— Tu avais quel âge ?

— Vingt et un ans. Je suis malheureux d’être mort si jeune. J’étais fiancé. Ma promise a fini par m’oublier dans les bras d’un autre… J’ai agonisé pendant longtemps. C’était affreux cette guerre.

— Tu sais, nous sommes à la fin du XXe siècle, tout a changé depuis ton époque. Les guerres sont différentes, les armes ont évolué mais elles existent encore hélas, elles tuent toujours des innocents !

— Je…

Un bref instant, l’esprit s’arrêta de communiquer puis reprit plus lentement :

— Ici, nous vivons dans un monde où l’espace-temps n’existe pas, c’est…

— Esprit Séraphin es-tu là ? Que peut-on faire pour toi ? demanda Sylvia.

Désapprouvant cette question, Léona l’apostropha :

— Non, mais ça ne va pas ! Pourquoi lui as-tu demandé de l’aider, cela ne t’a pas suffi la dernière fois avec Louis ?

Sylvia haussa les épaules. Prise de pitié pour ce jeune soldat, elle avait proposé spontanément sans réfléchir aux conséquences.

Quelques minutes de silence s’ensuivirent. Vidées de leur énergie, elles crurent que la séance était rompue mais l’esprit de Séraphin se manifesta de nouveau :

— Pensez à moi, cela me réchauffera.

Épuisées, elles s’efforcèrent de se concentrer et tentèrent une ultime question :

— Séraphin, es-tu là ?

— Non !

— Qui es-tu ?

— Louis !

— Louis de notre classe ? articula Sylvia.

— Pourquoi m’abandonnez-vous ? continua l’esprit.

— T’abandonner ?

— Pourquoi ne faites-vous pas ce que je vous ai demandé ? J’ai besoin de vous, de votre chaleur.

— Mais enfin, Louis, tu es mort. Nous ne pouvons rien faire pour toi à l’exception de garder ton souvenir dans notre cœur. Nous ne pouvons pas aller voir ta famille, cela leur ferait trop de peine. À quel titre pouvons-nous nous permettre cela ?

— Il faut pourtant que vous fassiez quelque chose pour moi. C’est vital pour vous !

— Vital ! Que veux-tu dire par là, Louis ? s’impatienta Léona.

— Vous le saurez plus tard…

— Louis ? S’il te plaît, reviens !

—…

Sylvia et Léona, consternées par de tels propos, ne furent néanmoins pas effrayées par la menace qui semblait peser sur elles.

Le lendemain, comme à chaque séance de spiritisme, elles n’en parlèrent à personne. Elles devaient réfléchir en toute impartialité sur les revendications de ce soi-disant Louis. Après maintes réflexions, elles optèrent pour la présence d’un témoin lors de leur prochaine communication avec l’au-delà. Ainsi, elles auraient un avis extérieur. Irrésistiblement attirées par ce phénomène surnaturel, elles ne pouvaient pas abandonner. Une force indescriptible les poussait à continuer ces investigations.

À la séance suivante, l’initiatrice de Sylvia, sa voisine, accepta d’être témoin. Elle s’assit autour du guéridon mais refusa de participer aux discussions.

— Esprit, es-tu là ? commença Sylvia.

Le silence régna durant un long moment. Léona se mit à penser que la présence de la voisine avait été une mauvaise idée. Cela devait contrarier les esprits ! Impatiente, elle renouvela elle-même la question :

— Esprit es-tu là ?

— Oui !

— Qui es-tu ?

— Je ne suis plus personne mais j’ai été quelqu’un !

Les regards des trois filles se croisèrent et s’interrogèrent sur la continuité de cette discussion. Léona poursuivit :

— Si tu n’es personne, Esprit, pourquoi veux-tu nous parler ?

— Pour vous tenir compagnie !

— Tu te moques de nous ?

— Oui, je suis un esprit farceur !

— Alors, que veux-tu nous raconter ? renchérit Sylvia le sourire aux lèvres.

— J’ai juste plaisir à vous parler !

— Alors, raconte-nous ? Comment es-tu mort, que fais-tu maintenant ? insista Sylvia.

Le verre stoppa sa danse parmi les bouts de papier puis reprit son élan.

— Je suis là. Je me reposais. Attention à vous, moi je suis gentil mais il y a de mauvais esprits !

— Que veux-tu dire par là ? questionna Léona.

— Moi, j’étais heureux sur Terre, je suis mort très vieux entouré d’une famille aimante il y a plusieurs siècles. J’ai toujours aimé la vie, je suis né farceur et le suis resté ici. Adieu, et prenez garde !

— Esprit, qui es-tu ? Reviens !

Le silence s’instaura de nouveau. Léona fit une dernière tentative :

— Louis ? Es-tu parmi nous ? Si oui, manifeste-toi.

De longues minutes s’écoulèrent. L’attente fut vaine. Lasses, elles déclarèrent la séance terminée. Soudain, un souffle éteignit les bougies. La pièce fut plongée dans la pénombre et un vent de panique les envahit.

Quelle était donc la signification de cette nouvelle manifestation ? Léona se leva en tâtonnant, alluma l’interrupteur de la chambre. À la lumière, le teint blême des deux amies trahissait leur peur. Impossible de nier les faits, toutes les trois avaient bien vécu cet événement surnaturel. La voisine en les quittant tenta de les rassurer : ce n’était pas la première fois que des esprits se jouaient des humains. Elle avait arrêté les séances de spiritisme par crainte de perdre ses esprits à elle ! Par contre, l’extinction des flammes, cela ne lui était jamais arrivé surtout sans aucun courant d’air !

En franchissant la porte, elle rajouta :

— Si j’ai un conseil à vous donner, laissez tomber ! Je crains que l’atmosphère ne devienne rapidement très malsaine.

Abandonner tout cela eût été un choix raisonnable ! Mais, cette issue paraissait inenvisageable à Léona et à Sylvia qui ne reculaient jamais devant l’adversaire.

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