Lady Falkenna Tome I

16.00

Lady Falkenna – Eve pour les intimes – est une jeune femme au tempérament bien trempé. Chasseuse de l’occulte, elle quitte parfois son domaine niché au sein de l’Angleterre victorienne pour plonger dans un monde où l’emprise de la magie se révèle chaque jour plus importante, où les dragons griffent les ardoises parisiennes et les faëries dansent sur la Tamise…

 » Archéologue de formation, Alizée est une irrécupérable rêveuse, mais pas tellement branchée princesses, paillettes et guimauve ; cherchez plutôt du côté obscur (et sans cookies !). Sa fâcheuse tendance à rajouter des dragons ainsi que des ruines souterraines dans chacun de ses récits inquiète le F.B.I., fort heureusement personne ne sait encore ce qui se passe lorsqu’elle hurle à la lune. « 

Disponible sur commande

Author: Alizée Villemin
Catégorie : Étiquettes : , Product ID: 1685

Description

[vc_row][vc_column width= »1/2″][vc_column_text]Titre : Lady Falkenna Tome I

Auteur : Alizée Villemin

Collection : Lune Mécanique

Photographie de couverture : Mr Canaphotography

Modèle : Charlotte MARTINET

ISBN : 978-2-36976-134-1

Date de sortie : 1er juillet 2014

Prix : 16.00€ broché grand format

Nombre de pages : 190 pages

Format Numérique : Juillet 2014[/vc_column_text][/vc_column][vc_column width= »1/2″][vc_column_text]

Tome regroupant les épisodes 1 à 4. 

Lady Falkenna – Eve pour les intimes – est une jeune femme au tempérament bien trempé. Chasseuse de l’occulte, elle quitte parfois son domaine niché au sein de l’Angleterre victorienne pour plonger dans un monde où l’emprise de la magie se révèle chaque jour plus importante, où les dragons griffent les ardoises parisiennes et les faëries dansent sur la Tamise…

 » Archéologue de formation, Alizée est une irrécupérable rêveuse, mais pas tellement branchée princesses, paillettes et guimauve ; cherchez plutôt du côté obscur (et sans cookies !). Sa fâcheuse tendance à rajouter des dragons ainsi que des ruines souterraines dans chacun de ses récits inquiète le F.B.I., fort heureusement personne ne sait encore ce qui se passe lorsqu’elle hurle à la lune. « 

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Informations complémentaires

Poids 0.499 kg
Dimensions 22.9 x 15.2 cm
Couverture

,

Format

Broché

Saga

Tome

Où trouver nos livres

Amazon, Chapitre, Cultura, Place des Libraires

Episode I
Chapitre I

— Tout est prêt, ma lady.

Un sourire sur les lèvres du vieux majordome. Il est fier de lui. Il peut. Je n’attendais pas de résultat avant des semaines, persuadée qu’il faudrait une longue série de tâtonnements avant de pouvoir ajuster la formule et la mettre en œuvre. Mon haussement de sourcils et l’éclair de surprise dans mes yeux sombres le ravissent. Il est bien placé pour savoir combien il est difficile de m’épater…

Je prends néanmoins le temps de terminer ma tasse de thé, avant de reposer la délicate pièce de porcelaine sur la soucoupe peinte à la main. Cette matinée est parfaite. Les rayons du soleil transpercent les grandes fenêtres à l’oblique et allument les ors des meubles marquetés de bois précieux. Le cristal du lustre de la salle à manger céruléenne scintille de tous ses feux. Le marbre neigeux du sol détache sa pureté des tons indigo et azur des tapis orientaux. Même Radcliffe est sublimé, la livrée noire et blanche d’une élégance parfaite, comme à l’accoutumée, et son épaisse toison de cheveux ivoire soigneusement domptée. Il attend mon feu vert, la patience incarnée. Je ne l’ai encore jamais vu perdre son calme, et pourtant Dieu sait qu’avec toutes ces années passées à mes côtés il en aurait eu l’occasion.

— Merci, Radcliffe. Allons voir ce que cela donne.

Ma voix douce et posée ne trahit pas la moindre émotion. Seul un vieux renard comme lui peut deviner mon émoi à la petite étincelle qui s’est allumée au fond de mes prunelles. Je recule la chaise en chêne tendu de brocard avant de rassembler les plis de ma robe en soie sauvage et de saisir la main offerte pour me relever avec la grâce qu’il incombe à une lady. Nous jouons cette farce depuis si longtemps qu’elle est devenue naturelle.

Mes talons hauts résonnent le long des corridors, des escaliers et des enfilades de pièces vides que nous traversons sans hâte. Parvenu devant la porte, il s’incline et me convie d’un signe à l’ouvrir. J’applique la paume de ma main délicate sur le panneau de verre gravé qui en remplace la serrure, écoute les engrenages jouer dans l’huis. L’Atelier. Le centre névralgique du Domaine. Un lieu gardé secret toutes ces années, jalousement protégé par Radcliffe et moi-même, seuls habilités à y pénétrer. Même Ana Maria, ma plantureuse intendante, n’y a pas accès. Sa curiosité est pourtant légendaire.

Mes premiers pas dans l’Atelier sont fermes et décidés. Je sais exactement où je vais. Je dépasse les plans de travail couverts de flacons et d’alambics sans la moindre attention pour les autres expériences en cours. Elles attendront. Ma cible est au fond de l’immense salle cathédrale, aux voûtes élégantes. C’est une toute petite chose de rien du tout qui porte nos espoirs. Un ovule de cheval fécondé, celui de la jument la plus prometteuse, saillie il y a six jours par mon étalon Cathbad, déjà génétiquement modifié avant sa naissance. Nous attaquons la seconde génération, et de nouveaux horizons s’ouvrent à nous.

Une seringue très fine emplie d’une minuscule quantité de liquide bleuté repose à côté du microscope. Radcliffe a réglé le monstrueux appareil, perfectionné par ses soins, pour que nous puissions voir ce sur quoi nous allons travailler.

J’inspire à fond, enfile des gants. C’est moi qui vais implanter l’ADN dans le futur poulain. Radcliffe me laisse toujours les honneurs, à mon plus grand bonheur. C’est lui qui m’a initiée à la biologie, lui qui m’a donné goût à la manipulation génétique et à l’amélioration d’espèces existantes. C’est excitant, et en plus ce double statut d’éleveur et de chercheur justifie notre situation isolée, dans un domaine peuplé de plus d’animaux que d’hommes. D’une pierre deux coups, même si les braves gens bondiraient s’ils savaient ce que l’on fait réellement…

Mes mains ne tremblent pas ; je n’en suis pas à ma première opération. Je saisis la seringue, pose un œil sur le microscope, approche l’aiguille de l’ovule et… ça y est, c’est fait. Je me redresse en soupirant de soulagement. Pas de mauvaise manipulation. Ne reste plus qu’à voir si l’ADN est bien intégré et si le petit être se développe normalement.

— Nous n’avons presque plus de sang, Eve. J’espère que cela fonctionnera cette fois-ci. Non pas que je déteste voir naître un cheval ordinaire, mais j’avoue que je n’ai aucune envie de repartir en quête d’ADN de dragon… Et ce même s’ils sont plus nombreux ces derniers temps.

— Ils ne seront jamais assez nombreux à mon goût. D’ailleurs as-tu lu le journal ce matin ? Il paraît que le second Œuf a été ouvert ! Tu vois, c’est ce que je disais, ils ont eu beau le placer dans un lieu secret pour éviter de le voir disparaître comme le premier, il y a eu des fuites. Il y en a toujours.

— Vraiment ?

— Oui, des hommes se sont introduits dans la chambre forte où il était conservé. Un vrai carnage, d’après le Daily Telegraph. Lorsque Scotland Yard est arrivé, il n’y avait plus personne, et quelques heures plus tard une explosion a balayé Londres. Je me demande ce qu’ils ont libéré, cette fois…

— Nous le saurons bien assez tôt, j’imagine… En attendant, ça veut dire que la dose de magie sur Terre va encore augmenter. C’est la S.P.A. qui va être contente… Bien. Souhaitez-vous m’aider dans l’inspection matinale ? Il y a longtemps que vous n’avez pas été voir les loups.

— J’aurais été ravie de passer la matinée avec toi, Radcliffe, hélas Lord Igninton m’a conviée à une de ses promenades grotesques et si je refuse une fois encore je vais finir par me le mettre à dos.

Radcliffe s’illumine, aux anges.

— Que voilà une excellente nouvelle, ma lady ! Vous, acceptant enfin de paraître accompagnée de gens de votre condition ! Un véritable miracle !

— N’en rajoute pas, s’il te plaît. C’est déjà assez difficile comme ça.

Radcliffe s’incline exagérément, avec son fichu sourire en coin, et disparaît vers les communs d’un pas guilleret. Il a réussi à m’agacer. Il y arrive toujours ! Il me connaît si bien qu’il m’est difficile de lui cacher quoi que ce soit, après tout il m’a élevée comme sa fille puisque mes parents n’ont jamais daigné faire la moindre apparition. Il sait que rien ne pourrait plus m’irriter que ces obligations mondaines interminables, où je prends bien malgré moi la mesure du fossé qui me sépare de mes pairs.

Lady Mélise va encore me bassiner à propos de son futur mariage, le plus beau de cette fin de siècle, bien évidemment ! Rien qu’à l’idée des kilomètres de mousseline vaporeuse rose pâle qu’elle utilisera, j’en ai la nausée. Dire qu’elle pense me rendre jalouse de son bonheur ! Lady Dottiny, cette vieille rombière coincée, en profitera bien sûr pour placer une de ses morales sentant la naphtaline. Grands dieux, à vingt-quatre ans, il serait grand temps de trouver un homme pour veiller sur moi ! Je vois déjà son regard oblique, à la fois réprobateur et interrogateur. Elle est incapable d’imaginer les raisons de mon célibat. Comment lui expliquer que je préférerais la pendaison au mariage ?

De mauvaise humeur, je dirige mes pas vers l’écurie, où je passe les hongres en revue. Je dois penser comme une lady, et faire en sorte que la robe de ma monture soit assortie à la mienne. Avec un tissu de brocard bleu roi… Mon œil s’arrête sur un grand alezan aux naseaux veloutés, dont je croise le regard vif par-dessus la porte du box. Je m’avance vers lui avec un soupir. Au moins serais-je bien accompagnée pour cette corvée…

Je le brosse et l’équipe moi-même, comme toujours. Avec les jours qui raccourcissent, son poil est devenu plus épais et la poussière qu’il dégage plus intense. Ma robe perd vite son aspect impeccable, et je souris intérieurement en imaginant la réaction des lords s’ils me voyaient faire.

Cette poignée de médiocres cavaliers, autoritaires et moralisateurs, séducteurs de pacotille, me donne régulièrement des envies de meurtres. Leur passe-temps principal consiste à prétendre savoir ce qui est le mieux pour moi, entre deux tentatives de cour. Une femme de ma condition ne devrait pas rester seule dans cette grande maison, un époux avenant saurait lui apporter confort et sérénité, ainsi qu’une fournée de beaux enfants pour occuper ses journées. Tous s’imaginent réussir un jour à me dompter comme une jument indocile, et me faire rentrer dans le rang. Devenir un ornement à leur bras.

Imbéciles.

Je pose la brosse, m’époussette. Voilà, nous sommes prêts. Je quitte l’écurie en guidant le cheval par les rênes, me hisse sur lui en utilisant une grosse pierre comme marchepied puisque le lourd jupon gêne mes mouvements.

Allons-y.

Je pars au petit trot sur l’allée gravillonnée qui sort du Domaine de Falh. Radcliffe a modifié le portail pour qu’il s’ouvre automatiquement depuis l’intérieur lorsque l’on passe sur une zone précise. Encore une idée de génie. Je ne sais pas ce que je ferais sans lui.

Une fois dans les bois, je galope jusqu’à la clairière du rendez-vous. Ils sont là, quatre caricatures de nobliaux anglais. Lady Mélise sur sa hackney grise, immaculée, Lady Dottiny sur une vieille haridelle hors d’âge, Lord Igninton sur un hongre noir qu’il a probablement payé une fortune et à côté d’eux… Est-ce un cousin, un frère du lord prétentieux ? Il me salue avec un grand sourire, semble me reconnaître. Aie. Je vais encore devoir prétendre de me souvenir de lui jusqu’à ce que j’arrive à pêcher son nom d’une manière détournée. Un jour je craquerai et leur hurlerai au visage qu’ils se ressemblent tous et que je ne vois pas l’intérêt de faire un effort de mémoire… Mais pas aujourd’hui. J’ai promis à Ana Maria de bien me tenir.

Les salutations sont joyeuses, Lord Igninton est enchanté que j’aie enfin accepté. Le pire, c’est qu’il est sincère. Une conversation insipide démarre, un brouillard de commérage pour lequel je me contente de hocher la tête d’un air aimable et de froncer les sourcils lorsque c’est la réaction que l’on attend. Je bâille à plusieurs reprises. C’est interminable.

À la huitième mention du mariage de Lady Mélise, je perds toute patience et pousse ma monture au galop. Les voir incapables de me rattraper me console un peu de ces idioties. Puis une voix intérieure implacable, au timbre d’Ana Maria, me sermonne. En soupirant, je m’arrête et les laisse revenir à ma hauteur, le souffle court. Ils ont changé de sujet de conversation, Lord Igninton me supplie de lui vendre une de mes bêtes. Mais bien sûr ! Pourquoi sélectionner les chevaux les plus rapides de l’Angleterre pour ensuite les offrir à n’importe qui ? Je refuse poliment, multipliant les prétextes, et claque de la langue pour relancer mon hongre dans un pas tranquille.

La promenade s’achève lorsque nous atteignons l’immense chêne qui marque l’entrée dans les terres de Lord Igninton. Je décline une invitation à prendre le thé – il ne faut pas exagérer – et fais demi-tour à toute vitesse. Enfin, je suis libre ! Pour quelques semaines, certes, mais c’est déjà ça !

Je pénètre en trombe dans la cour du Domaine. Les gravillons blancs crissent sous les sabots de ma monture, et lorsque je l’arrête à l’ombre des bâtiments en L, Radcliffe est à son poste devant la porte principale. Il attend que je ramène la bête à l’écurie sans un mot. Comme je le rejoins, l’état de ma robe lui arrache un imperceptible frémissement, mais il n’insiste pas. Ce n’est pas le moment d’évoquer la durée de vie de mes tenues, il le sait.

— Vous avez du courrier, ma lady.

— Très bien.

— Une lettre ivoire.

Je m’arrête aussitôt, l’interroge du regard. Il acquiesce. La missive est donc bien de mon principal commanditaire. Ce mystérieux collectionneur fait régulièrement appel à moi pour retrouver des objets de grande valeur, service qu’il paye à prix d’or. Il n’a encore jamais été déçu de mon travail. Radcliffe avait au début beaucoup de réticences à me laisser partir en mission ; après tout on ne savait rien de cet homme, on ignorait même comment il avait découvert mon adresse et pourquoi il m’avait choisie, moi ! Mais en six ans, huit missions, il n’y avait jamais eu d’entourloupes et il avait fini par s’y faire.

Je monte immédiatement à mon bureau. La missive à l’épaisse enveloppe ivoire ornée d’une écriture élégante, caractéristique, repose bien en évidence sur un plateau d’argent ciselé. Je la décachette d’un mouvement sec, déplie le luxueux papier à lettres et parcours les quelques lignes calligraphiées qu’il contient. Le Torque d’Ambrosia, un bijou celte en or serti de joyaux. Disparu du Museum für Vor und Frühgeschichte, le musée de Berlin dédié à la pré et protohistoire, en 1830, il y a 61 ans. Il n’a jamais été retrouvé. Soit. J’accepte la mission, naturellement.

Je change de pièce, traverse la chambre, laisse choir ma veste sur le lit à baldaquin, retire mes bottes pour les lancer dans un coin et accède à la salle de bain. L’immense baignoire de porcelaine blanche entrelacée de bronze est environnée par l’ingénieux système conçu par Radcliffe pour mon treizième anniversaire. Je tape quelques chiffres sur le clavier d’ivoire intégré et ouvre les vannes, soupirant d’aise en entendant l’eau chaude parfumée se ruer hors de la tuyauterie. Noix de coco et carillons aquatiques, mon programme préféré. La senteur de ce fruit exotique, en provenance directe des colonies, est un véritable régal. Je ne m’en lasse pas.

Quelques manipulations expertes pour délacer le corset, un mouvement fluide pour dégrafer jupe et jupons, le froissement des bas de soie et me voilà immergée. Je plonge quelques instants la tête sous l’eau pour profiter de l’harmonie des carillons puis m’installe à l’aise, me laissant masser en douceur par les jets judicieusement disposés dans mon dos.

Alors que mes muscles se détendent, je songe à ce bijou que l’on me demande de retrouver. L’objet est composé d’or et de pierres précieuses époustouflantes, mais je sais que ce n’est pas pour cela que l’on m’envoie le chercher. Mon commanditaire ne s’intéresse qu’aux artefacts mystérieux, à l’aura de magie, qui se manifestent à nouveau depuis l’ouverture de l’Œuf l’année dernière. Leur nombre est impressionnant, d’ailleurs.

Il y a seulement deux ans, lorsque l’Œuf avait été découvert, personne n’accordait crédit aux sorciers, le terme renvoyait à des charlatans, des arnaqueurs. Aujourd’hui, on croise des mages dans les rues, on peut admirer le vol des dragons en France, on s’achete des amulettes de protection contre les lycans et les vampires. Le monde a changé à une vitesse incroyable.

Je ne remercierais jamais assez l’équipe scientifique qui a libéré l’antique magie de l’Œuf sur l’univers sans le vouloir ; ils ont rendu ma vie autrement plus intéressante.

Bon, assez rêvassé. Je dois gagner Londres où Sir David, mon contact au British Museum, pourra peut-être me fournir quelques pistes d’exploration. Profitant de mes derniers instants de calme, je plonge à nouveau la tête sous l’eau, laissant mes longs cheveux bruns se déployer en corolle autour de mon front.

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