Intimidation – Children of Styx – 1

20.00

Exemplaires dédicacés jusqu’au 10 décembre inclus


Sophie et Mathias débarquent à Montluçon à quelques jours de la rentrée scolaire. Stan et son frère Iwan s’apprêtent à retrouver les bancs du lycée avec, en toile de fond, la musique des « Chidren of Styx », le groupe de rock qu’ils ont créé. La rencontre de ces quatre jeunes gens marquera-t-elle un tournant dans leurs existences respectives ?

Ce roman, qui s’aventure dans les méandres de la littérature contemporaine, sort décidément Nathy de sa zone de confort. Point de vampires ou autre créature fantastique ici, mais deux fratries d’ados passionnés de musique que l’auteur plonge dans la tourmente du passage à l’âge adulte.

Disponible sur commande

Description

 

 

ISBN : 978-2-36976-331-4

Roman Contemporain

Collection Fleurs d’Amarante

Sortie le 10 décembre 2019


sortie du tome 2 1er trimestre 2020

Informations complémentaires

Poids 600 g
Dimensions 250 × 18 × 3 mm
Auteur(s)

Editeur

Amarante Editions

Genre

Litterature Contenporaine, Romance Contemporaine

Public

Support

Tomaison

Prologue

Montluçon, avant-dernier samedi d’août

L’esplanade du château des Bourbon était noire de monde. Ce soir-là, c’était le dernier concert de la saison estivale, et les Children of Styx, un groupe local de metal jouait. Les musiciens connaissaient une certaine notoriété dans l’agglomération montluçonnaise malgré leur jeune âge. Les cours allaient bientôt reprendre, et leur prochaine prestation n’était prévue que pour Halloween.

Une foule de personnes de tous âges venait les écouter et, parmi eux, une jeune femme aux traits fins, la vingtaine, de longs cheveux argentés aux pointes presque blanches, attendait avec impatience l’apparition de celui qui faisait battre son cœur : Stan, le chanteur. D’aucuns auraient dit que c’était une belle jeune fille.

Justine se tenait un peu à l’écart, assise sur le mur d’enceinte, elle ignorait le public qui s’était mis à scander le nom du vocaliste. La jeune groupie attendait fébrilement, et plus les secondes passaient, plus elle se sentait excitée. Elle murmura son nom tel un soupir quand les projecteurs trouèrent la pénombre et que cinq silhouettes apparurent. La haute stature de l’aîné des frères Jarosz se détacha, sa guitare en bandoulière. Un spot rouge éclaira le cadet dissimulé sous une cape noire qu’il laissa choir sur le plancher, tandis qu’il se relevait et attrapait le micro qui lui faisait face. Une clameur s’éleva. Une rangée d’adolescentes au pied de la scène érigée la veille s’égosillait, chacune dévorait du regard le jeune homme à la longue chevelure de jais dont la voix faisait vibrer le public. L’artiste avait l’art et la manière de mettre de l’ambiance. Iwan, à la guitare, ne pouvait s’empêcher d’esquisser un léger sourire en découvrant ce parterre de femelles en chaleur prêtes à écarter les cuisses dès que son frère jetait un œil sur l’une d’entre elles. Il était certain qu’une fois de plus, ce soir, une de ces groupies finirait entre ses bras. Son regard balaya l’esplanade éclairée par les nombreux spots, il repéra Justine, juchée pas bien loin sur le muret, nimbée par la lueur bleue d’un des projecteurs. Son sourire se figea, il se détourna en espérant que Stan ne la verrait pas.

Ils enchaînèrent les morceaux endiablés à une allure folle. Stan et tous les musiciens s’éclataient, jamais il n’y avait eu tant de monde lors de leurs précédentes prestations. À cet instant, le jeune chanteur ne pensait qu’à la musique. Il parcourait la scène, invectivait la foule. À ce moment-là, il n’était plus cet adolescent charmeur de dix-sept ans, mais seulement cet artiste dont le rêve de devenir une rock-star hantait l’existence. Il se sentait parfaitement à sa place face au public, sa voix puissante, capable de monter tant dans les aigus que de descendre dans les tons les plus graves, faisait chavirer ses fans. Stan, malgré son jeune âge, à force de travail, savait en user, tout comme il profitait du charisme qui émanait de sa personne. Il avait sur scène une présence indéniable.

Justine le dévorait du regard. Le moindre geste, le moindre sourire de l’artiste, elle s’imaginait qu’il les lui adressait à elle seule. La jeune femme braqua son appareil photo vers la scène et mitrailla le groupe, enfin, plus exactement, l’objet unique de ses pensées. Elle ne cessa ses prises que lorsque l’APN l’avertit que sa carte mémoire était pleine. Sans doute certains de ses clichés iraient-ils rejoindre ceux qui tapissaient déjà sa chambre. La jeune fille avait développé un talent certain pour la photo, son sujet principal étant Stan, qu’elle avait pris sous toutes les coutures quand ils étaient ensemble, mais surtout à son insu. Le cœur de la groupie battait à cent à l’heure, excitée par l’ambiance et les souvenirs qui l’assaillaient. L’évocation de leurs étreintes passées illumina son visage d’un sourire radieux. La sueur perla sur ses tempes, mélange d’émotion et de transpiration. Elle aurait tant aimé pouvoir l’approcher de nouveau, le toucher, sentir ses mains sur elle, sa bouche, son corps. Justine quitta son perchoir et s’avança vers la scène ; la fin du concert s’annonçait.

Les Children of Styx entamèrent une ultime chanson après avoir été rappelés par les spectateurs. Quand les dernières notes se turent, face à la foule, Stan envoya des baisers aux filles au pied de l’estrade. Les spots s’éteignirent et les musiciens descendirent de scène, posèrent leurs instruments dans la camionnette de la société de monsieur Jarosz. Une troupe d’une dizaine d’adolescentes et de jeunes adultes attendaient fébrilement que les jeunes prodiges sortent de l’ombre. Iwan, protecteur, serrait son frère, prêt à intervenir en cas de problème. Il scruta du regard le groupe et s’assura que Justine ne s’y trouvait pas. Il ne la vit pas et, rassuré, il laissa les fans approcher de Stan.

— Un autographe ! Une photo ? Oh, dis oui, s’il te plaît, insista une pimpante rousse en mini short et t-shirt noir.

Iwan signa et posa de bon gré, puis annonça aux jeunes qu’ils se rendaient tous en boîte d’ici une heure ou deux, le temps de se doucher et de se changer. Ils dédicacèrent toutes les feuilles qu’on leur tendait, acceptèrent, ravis de poser, puis Iwan, le leader, déclara qu’ils devaient partir, mais lança un « À bientôt » à l’assemblée, parfaitement certain qu’ils les retrouveraient à la discothèque d’ici peu de temps.

— Moi, je rentre, je suis naze, signifia Thomas, le batteur.

— Tu ne vas pas nous faire ce coup-là !

— Si, Stan, j’en peux plus, on se revoit lundi ?

— OK, ça marche, mec.

Les deux musiciens s’en tapèrent cinq, et Thomas s’engouffra dans la voiture de ses parents.

Les deux Jarosz partirent vers la villa familiale, prirent une bonne douche avant de se changer et se préparer pour aller en boîte. Stan vérifia une nouvelle fois qu’il avait bien des préservatifs dans les poches arrière de son jean noir. Il enfila par-dessus sa chemise grenat un gilet de cuir sombre sans manches. Il passa une longue main fine dans sa chevelure de jais bouclée, puis la secoua avant de refermer la porte de sa chambre et descendit au salon rejoindre son frère aîné. Iwan était aussi blond que son frère avait les cheveux noirs, cependant, on ne pouvait manquer leur lien de parenté. Tous deux possédaient les iris gris bleu de leur père et sa stature, même si le cadet était un peu plus petit et un peu plus fin. Il avait hérité du charme latin de leur mère, et Iwan du côté slave paternel, malgré tout, il y avait un incontestable air de famille entre eux.

— Ça y est, t’es prêt ?

— Ouais, j’ai les munitions !

Iwan ne put s’empêcher de sourire à cette évocation. Les deux jeunes hommes montèrent dans la Clio verte et partirent pour le centre-ville où se trouvait la discothèque. Sur le parking, ils retrouvèrent Jordan et Amélie ainsi que le reste de leurs potes, dont Pauline, une fille à la crinière fuchsia et au look indéniablement gothique. Leur arrivée ne demeura pas inaperçue, une partie des jeunes gens présents à la soirée avait participé au concert. Un certain nombre d’entre eux sortit leur smartphone et les prit en photo. Les musiciens jouaient le jeu, ravis d’être le centre de l’attention. Quelques jeunes filles et jeunes femmes ne quittaient pas du regard les deux frères. Après quelques verres, quelques danses, chacun quitta la discothèque, une fille au bras. En tant qu’habitués des lieux, le videur leur souhaita une bonne soirée, un petit sourire de connivence aux lèvres. La boîte située non loin des rives du Cher et de la zone commerciale offrait l’embarras du choix pour trouver un coin tranquille. Stan et sa copine d’un soir filèrent vers les berges, ils repérèrent un endroit un peu éloigné et s’étendirent dans l’herbe rase. Le chanteur était un habitué des lieux à la belle saison. Comme à l’accoutumée, il prit son temps, embrassa doucement son amante d’un soir, caressa les cuisses dénudées, passa ses mains sous le crop-top bleu. Ravie d’être l’objet de l’attention de l’artiste, sa groupie se laissa faire avec grand plaisir. Elle ne vit pas le temps filer pendant qu’ils échangeaient de longues caresses et s’adonnaient au plaisir. Stan glissa son préservatif usagé dans une petite poche qu’il avait toujours sur lui avant de la jeter dans une des poubelles près du centre Athanor. Ils revinrent dans la boîte et constatèrent qu’Iwan s’était aussi absenté en charmante compagnie. Les deux frères passèrent donc la soirée avec leur coup d’un soir, puis rentrèrent au petit matin.

****

En cette fin août, la famille Nguyễn Văn Lô rejoignit Paul, déjà installé dans leur nouvelle demeure depuis le début de l’été. C’était avec un brin de nostalgie que Lan Anh abandonnait son bel appartement parisien pour une grande villa, lui avait certifié son mari.

— Tu verras, on aura un grand jardin avec piscine pour moins de la moitié du prix de cet appart, et les enfants y seront très bien.

Lesdits enfants étaient en réalité deux adolescents : Mathias, âgé de dix-sept ans, et Sophie, sa cadette d’un an. Paul Nguyễn, ingénieur en robotique, avait décroché une proposition qu’il ne pouvait refuser, d’autant plus qu’il aspirait à quitter Paris à la première occasion et revenir dans la région qui avait accueilli ses grands-parents et ses parents, alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes enfants. Ce déménagement était pour lui comme un retour aux sources.

Il n’avait jamais imaginé qu’il s’installerait avec les siens à Montluçon, une ville moyenne d’Auvergne, à quelques kilomètres d’un des villages où bon nombre d’Asiatiques furent rapatriés à la fin de la guerre d’Indochine. Ses grands-parents étaient arrivés à Noyant en plein hiver 1956 par des températures glaciales avec leurs jeunes enfants. Le père de Paul avait alors une douzaine d’années. Souvent, il lui avait raconté leur venue dans ces anciens corons où les familles aux nombreux enfants s’entassaient dans un petit deux-pièces-cuisine sans sanitaires ni eau courante.

Que de chemin parcouru pour ce petit fils d’exilé ! Paul était fier de ses origines, de ces gens qui avaient tout perdu et avaient dû se battre pour que leur fils, puis leur petit-fils puissent avoir une vie meilleure.

Paul s’était résolu à quitter Paris à la première occasion pour ses enfants, pour Mathias surtout. Son fils lui causait en effet bien du souci, tandis que Sophie était une élève studieuse. Il était certain que cette nouvelle vie leur serait profitable à tous, moins de stress et un cadre de vie plus agréable. Quand la société I.C.R.C1 avait décidé de s’installer dans la ville auvergnate, il avait sauté sur l’occasion qu’elle lui avait offerte. Un de ses chasseurs de têtes l’avait contacté avec un contrat plus qu’alléchant, et il y vit un clin d’œil du destin. Soixante et un ans plus tard, Paul et les siens posaient donc leurs valises à Montluçon.

1 Intelligence.Connect. Robotic.Corporated

Avis

Il n’y pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Intimidation – Children of Styx – 1”

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.